PORTRAITS DE MÉTIERS /
Investisseur spécialisé en capital-retournement

Le plus souvent, une opération de restructuration nécessite un apport en fonds nouveaux.

Cet apport est indispensable pour financer le plan de redressement, et financer une partie du plan d’apurement de dettes (plan de sauvegarde ou de continuation). Selon le cadre juridique dans lequel s’effectue la restructuration, il peut être proposé un certain niveau de garantie (voir privilège de « new money » en conciliation notamment, «Redresser votre entreprise en 100 questions » question n°32).

Dans le cadre d’une entreprise en difficulté, tout financement bancaire est quasi impossible (sauf pour des financements d’actifs type factor et crédits-baux). C’est donc tout naturellement que le dirigeant d’entreprise cherche un investisseur en capital.

La première étape est d’interroger les actionnaires actuels. En effet, si ceux-ci acceptent de souscrire à l’augmentation de capital ou à une obligation, voire d’apporter des comptes courants, ce sera un signe de confiance qui facilitera un complet par un tiers.

Le pourcentage du capital offert à cet investisseur est l’un des points difficiles de la négociation. En effet, comment valoriser une entreprise en difficulté, quelle valeur pour le « new  money » par rapport au « old money » ? D’autre part, la plupart des investisseurs en retournement ont du mal à investir en minoritaires en l’absence de garanties (sur des actifs par exemple), souvent par crainte que le management défaillant reproduise ses erreurs passées. Il convient donc de considérer que l’entrée d’un tel investisseur se traduit dans la plupart des cas par une perte du contrôle majoritaire, ce qui n’empêche pas de distinguer contrôle et répartition future des plus-values.

Investir dans une entreprise en difficulté est donc un métier complexe nécessitant, a minima, une triple compétence :

  • analyse des fondamentaux de l’entreprise (comme pour tout investisseur) ;
  • compréhension du contexte juridique de reprise (type de procédure, typologie de risque, traitement du passif, etc.) ;
  • capacité à élaborer et surtout  mettre en œuvre le plan de retournement (dans le cas d’une participation majoritaire).

Un petit nombre d’investisseurs professionnels couvre un marché réduit sur lequel le montant à investir n’est pas obligatoirement clé. Ce phénomène explique la difficulté des fonds de retournement qui sont contraints de réunir de gros montants pour financer leurs équipes, alors même qu’ils ont du mal à investir de gros tickets.

Certains de ces professionnels peuvent être trouvés via le site de l’ARE : www.are.fr

Vous pouvez aussi contacter l’Association des Investisseurs en Retournement : contact@a-ir.fr